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Lisaboa Houbrechts

Lisaboa Houbrechts (°1992) a obtenu son Master en Art dramatique en 2016 à la School of Arts|KASK à Gand. Elle est auteure et metteuse en scène. Houbrechts évoque l’histoire et le répertoire classique dans un geste rituel et situe l’être humain dans une chaîne de passions. Les spectacles de Lisaboa Houbrechts & Kuiperskaai sont baroques, brutaux, mais aussi ludiques et désarmants. Avec Bruegel (2019) – sa première production sous son propre nom – Lisaboa Houbrechts emprunte une nouvelle voie. « Du théâtre ensorcelant et provocateur » estime le quotidien De Morgen à propos de ce spectacle total. Il s’agit de l’œuvre la plus personnelle de Houbrechts jusqu’à présent.

Lisaboa Houbrechts (°1992) a obtenu son Master en Art dramatique en 2016 à la School of Arts|KASK à Gand. Lisaboa Houbrechts a donné ses premières représentations en tant que auteure et metteuse en scène pour le collectif gantois d’artistes Kuiperskaai, dont elle était l’une des cofondatrices avec Romy Louise Lauwers, Victor Lauwers et Oscar van der Put. Même à l'époque, il se caractérisait par une grande distribution, une interaction capricieuse entre l'image et le texte, et un croisement intelligent de différentes disciplines : spectacle, musique, chorégraphie, littérature et l'art visuel. Cela est déjà évident dans les premiers travaux, entre autres De Schepping/The Creation (2013) et The Goldberg Chronicles (2014), qualifiées par la presse « d’immense clash d’énergies : la langue est couleur, le jeu est image, la musique est peinture. » En 2016, elle a fait grande impression avec son adaptation étourdissante de The Winter’s Tale de Shakespeare et en septembre 2017 a eu lieu la première de 1095 d’après un texte de Victor Lauwers. « Audace et plaisir de jeu en jaillissent », écrit Lotte Philipsen dans Knack. Lisaboa Houbrechts évoque l’histoire et le répertoire classique dans un geste rituel et qui montre l’être humain pris dans un enchaînement de pulsions. Comme le démontre une fois de plus son adaptation très personnelle de Hamlet (dont la première a eu lieu en septembre 2018 à Love at first Sight III) au cœur de laquelle elle place la perspective féminine à travers le personnage de Gertrude, la mère d’Hamlet. « Avec une exubérance résolument contemporaine, Lisaboa Houbrechts s’empare d’un récit mythique de Shakespeare (…) Elle se gausse de la masculinité omnipotente, prend parti pour Gertrude et se range explicitement du côté des femmes, représentées triomphalement en regard de la mascarade du patriarcat. » (Julien Bécourt dans Mouvement)

Avec Bruegel (2019) – la première production qu’elle réalise sous son propre nom –, Lisaboa Houbrechts entame une nouvelle voie. Bruegel voyage dans le temps pour brosser un portrait kaléidoscopique de Pieter Bruegel l’Ancien et de son époque. La figure clé est cependant Margot la Folle, la plus fameuse création de l’ancien maître : cette femme injuriée et traitée « d’hommasse » parce qu’elle pillerait pour le compte de l’enfer. Dans l’interprétation d’Houbrechts, elle tente au contraire de sauver ces objets – des témoignages de vies vulnérables et anonymes – de l’effet de broyage qu’exercent l’Histoire et les forces qui déterminent son cours. En même temps, Margot doute, avec un désespoir croissant, de son identité. Transcendant toute pensée binaire, ce spectacle traite du désir d’accepter comme fluide, d’embrasser et de proclamer ce qu’on qualifie encore d’ambigu et de blâmable. La musique – aussi bien les parties composées qu’improvisées – interprétée sur scène contribue à cette démarche : elle engage un dialogue captivant avec le théâtre virevoltant qui nous est donné à voir sur scène. Harmonia Sacra, l’ensemble baroque de Valenciennes, et le joueur de kamancheh Mostafa Taleb assurent la riche palette musicale qui s’étend sur plusieurs siècles. « Du théâtre ensorcelant et provocateur », a titré le quotidien De Morgen à propos de ce spectacle total. Il s’agit de la création la plus personnelle de Lisaboa Houbrechts à ce jour.

Houbrechts réaffirme l’attention qu’elle porte à la musique interprétée en direct sur scène dans son prochain projet, la mise en scène du spectacle I Silenti de Fabrizio Cassol (première en janvier 2021). Celui-ci a rencontré Lisaboa Houbrechts lors du stage qu’elle a effectué dans le cadre de la production Requiem pour L. – une création conjointe de Fabrizio Cassol et Alain Platel – et l’a invitée à mettre en scène I Silenti au théâtre de Namur. Cette histoire particulière a pour point de départ le personnage de Tcha Limberger, un célèbre musicien rom aveugle. Cassol souhaite établir un lien entre le Porajmos, le génocide oublié des Roms pendant la Seconde Guerre mondiale, et des extraits de madrigaux de Monteverdi qui parlent d’amour et de guerre. Deux univers en dialogue l’un avec l’autre qui finissent par se fondre. I Silenti est un poème qui ne parle pas seulement des Roms, mais de tous ceux à qui on impose le silence.

Entre-temps, Lisaboa Houbrechts a également commencé à écrire une trilogie, une saga familiale qui se déroule entre 1930 et 2010. La réalisation de ce triptyque est prévue pour 2022.

Suivez ici les projets des quatre créateurs P.U.L.S., leur processus de travail et leur dialogue.

Productions de/avec ‘Lisaboa Houbrechts’

I Silenti Théâtre 17 novembre 2022 au 18 novembre 2022

I Silenti

Toneelhuis / Théâtre de Namur / Lisaboa Houbrechts / Fabrizio Cassol / Tcha Limberger

Actualités sur ‘Lisaboa Houbrechts’

Article — 24 juin 2022

Lisaboa Houbrechts crée du théâtre aussi épique qu’intime

Parmi les « nouveaux » artistes que la Toneelhuis accueille, il y en a une qui triche un peu : Lisaboa Houbrechts (°1992) a fait ses premiers pas au Bourla il y a cinq ans, par le biais de P.U.L.S., un parcours de développement de talents. Rien de surprenant donc à ce qu’elle soit aujourd’hui l’une des créateur·rices permanent·es de la maison : son théâtre riche en images et sous-tendu par une trame épique requiert un cadre imposant.

 

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