Guy Cassiers (1960) est compté au nombre des plus importants metteurs en scène européens. Il a mis au point un vocabulaire théâtral d’une grande originalité, dans laquelle la technologie visuelle convole en justes noces avec sa passion pour la littérature. Les points d’orgue en sont le cycle Proust en quatre volets et Rouge décanté, d’après le roman du même nom de Jeroen Brouwers.
Les années précédentes l’ont vu se concentrer, dans son Triptyque du Pouvoir (Mefisto for ever, Wolfskers et Atropa. La vengeance de la paix) sur les relations complexes qu’entretiennent l’art, la politique et le pouvoir. Il continue sur ce thème dans le nouveau triptyque basé sur L’Homme sans qualités, le roman de Robert Musil. Le premier volet de ce triptyque verra sa première à la fin de la saison 2009-2010.
La musique joue un rôle de plus en plus important dans les spectacles de Cassiers : comme l’ont encore prouvé deux nouvelles créations d’opéra en 2009: House of the Sleeping Beauties (musique Kris Defoort) et Adam in Ballingschap (musique Rob Zuidam). Et le fait qu’il monte en ce moment même L’Anneau du Nibelung de Wagner à Berlin et Milan n’est pas l’effet du hasard. Il a ouvert la saison 2009-2010 avec un autre Götterdämmerung: Sous le volcan, d’après le roman de Malcolm Lowry, l’histoire de la déchéance tragique d’un consul alcoolique, au Mexique, just avant la Deuxième Guerre Mondiale.
L’intérêt que porte Guy Cassiers à l’histoire européenne et la conscience qu’elle en est arrivée à un point de faille vont en grandissant: sa démarche le reflète explicitement aujourd’hui, et dans les projets en chantier.



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