Guy Cassiers (1960), directeur artistique de la Toneelhuis, a mis au point un vocabulaire théâtral d’une grande originalité, dans laquelle la technologie visuelle convole en justes noces avec l’émotion et la méditation.
Parmi les sommets, on compte Bezonken rood (Rouge décanté, 2004) d’après le roman de Jeroen Brouwers et les quatre volets du cycle Proust (2002-2004).
Sa démarche n’a pas manqué d’être appréciée à l’international. Les dernières années l’ont vu se concentrer, dans son Triptyque du pouvoir – Mefisto for ever, Wolfskers et Atropa. La vengeance de la paix – sur les relations complexes entre l’art, la politique et le pouvoir. Continuant sur cette thématique, il prépare actuellement un nouveau triptyque basé sur le roman L’homme sans qualités de Robert Musil, dont le premier volet connaîtra sa première à la fin de la saison 2009-2010. Le fait que, outre l’image, la musique joue un rôle prépondérant dans les spectacles de Cassiers a encore été souligné par deux nouvelles créations d’opéra : House of the Sleeping Beauties (musique Kris Defoort) et Adam in Ballingschap (musique Rob Zuidam). Et ce n’est pas l’effet du hasard qu’on lui ait demandé de mettre en scène l’Anneau du Nibelung à Milan et Berlin. Cassiers ouvre la saison 2009-2010 avec un autre Götterdämmerung : Sous le volcan, d’après le roman de Malcolm Lowry, l’histoire de la déchéance tragique d’un consul alcoolique, au Mexique.
Les projets de théâtre que Cassiers nourrit pour les années à venir se distinguent par une attention croissante pour l’histoire européenne et la conscience que cette histoire se trouve à un point de rupture.

